Association Sauvegarde du Patrimoine Viracois

Association Sauvegarde du Patrimoine Viracois

Eglise saint Victor fortifiée du XV°


 EGLISE DE VIRAC

Eglise fortifiée du 15ème siècle. Le clocher-porche est une tour carrée qui porte, à 16 mètres de hauteur, deux étages ramassés sur eux-mêmes aux baies alternées. Au-dessus des contreforts, trois gargouilles avancent leur tête grimaçant. La tourelle, avec son chapeau conique original, est reliée au clocher par un double mâchicoulis. Au-dessus de l’entrée, belle fenêtre flamboyante. La porte, en anse de panier, est surmontée d’une niche gothique.

Dans la chapelle seigneuriale, voûte à liernes et tiercerons. Culs-de-lampe représentant des feuilles, l’écu d’Amboise aux trois pals, deux clés croisées, une croix papale.

Fenêtres à meneaux. Derrière l’autel, Christ de grandeur nature (16ème siècle). Tableaux du 18ème siècle très sombres . Cloches du 17ème siècle.

Source : Jean Roques Guide du Tarn


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Eglise Saint Victor à Virac (Tarn)


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Elle se trouve dans le bourg de Virac, construite en dehors des murs de fortification de l'enceinte du village médiéval dont on ne connaît pas de traces écrites.

Son implantation en dehors de l'enceinte pose question dont on n'a pas la réponse.

Le Saint Patron :

Victor était un soldat chrétien de l'armée romaine, martyr de l'empereur Dioclétien. Il était né à Marseille où une abbaye porte son nom, exécuté en 303. Celle-ci a reçu le prieuré d'Ambialet dédié aussi à Saint Victor, par l’évêque Frotaire de Nîmes, dont le frère Aton II (maison Trancavel) était vicomte d'Albi fin Xème début XIème siècle. C'est ce cheminement qui peut avoir conduit au patronage de ce Saint pour l'église de Virac.


Datation :

L'église de Virac apparait dans le compte de la décime levée en 1382 dans le diocèse d'Albi (De Lacger, états administratifs, p. 146) sans que le vocable soit précisé. La paroisse de Virac est toutefois évoquée dès 1260, in parrochiis de Viraco,  sous le vocable de Saint-Victor l'année suivante (Cabié, Droits et possessions, p. 88 et 103).
Il existait avant des travaux de restauration qui l'on recouverte, une inscription sur le pilier d'une chapelle, portant ceci : « anno dni 1489 », l'an du seigneur 1489.
Il est tout à fait possible que cet édifice ait été reconstruit ou au moins remanié au XVe siècle (ou plus tôt pendant la guerre de Cent ans) sur son emplacement primitif ou sur un emplacement neuf extra-muros.


L'édifice :

Vue extérieure : l'église de Virac présente les mêmes caractéristiques que d'autres églises des causses Nord-Ouest d'Albi (Castelnau-de-Lévis, Lincarque, Mailhoc, Noailles, Labastide-Gabausse...) construites en pierre calcaire, de style gothique flamboyant (fin XVème siècle) avec un clocher-porche (le clocher servant de porche d'entrée dans l'église). (Dernière restauration murs extérieurs et clocher 2004-2005, effectuée par M. Trentaz, de Broze).

Le clocher :

C'est une tour carrée qui culmine à 25 ou 30 mètres. Elle s'élève sur deux étages à ouvertures décalées, terminée par les cloches dans un toit à 8 pans.
Une tourelle Sud-Ouest à escalier à vis est reliée au clocher par son double mâchicoulis (galerie extérieure de pierre, en encorbellement et percée d'ouvertures destinées au tir plongeant) et surmontée d'un chapeau conique original. Ce clocher se distingue par sa grande baie occidentale ajourée de remplages flamboyants (armature en pierre taillée d'une baie). Au-dessus des contreforts 3 gargouilles montrent leur tête grimaçante.
La flèche du clocher a été refaite entre 1823 et 1826 (charpente pourrie), 1924, autres travaux sur la tourelle 1837, et plusieurs foudroyages en 1886 et 1974.


Les cloches :

Une cloche de 1737 décorée d'un crucifix et d'une vierge à l'enfant , a été fondue sur place. (livre histoire du diocèse et des paroisses du Tarn) Une autre a été refondue en 1967. Elle porte l'inscription « j'ai comme parrains les petits garçons et comme marraines les petites filles de Virac » Des viracois et viracoises aujourd'hui âgés d'une soixante d'années se reconnaitront.


Le porche – la porte d'entrée :

Le porche d'entrée est entouré d'arcs latéraux dont 2 ont été bouchés. Peut-être pour protéger l'entrée du vent. Ce porche est en croisées d'ogives. Au-dessus de la porte d'entrée se trouvent des armoiries qui se lisent ainsi « l'or à 3 chevrons de sable » (ce seraient celles de la maison de Lévis). Le portail à anse de panier est surmonté d'une belle fenêtre à meneau, d'art flamboyant.
Au-dessus de la porte d'entrée, une niche gothique abrite une vierge (très abîmée), surmontée d'un dais ouvragé.


Vue intérieure : Entièrement rénovée en 1989 ainsi que les tableaux restaurés par Daniel Roustit de Saliès. Il présente 4 chapelles (côté sud) et 2 (côté nord)

La sacristie :
Elle est située à l'est derrière le chœur à 3 pans dans une bâtisse carrée accolée au chevet de l'église, ornée d'arcs boutants.

Voûtes :

Des culs de lampe et des clés de voûtes sculptés soulignent le décor gothique. Les gravures peintes portant les armes des évêques de la famille d'Amboise (Louis Ier 1474-1503 ou Louis II 1503-1510) se trouvent à l'intersection des voûtes. On peut mettre ces datations en parallèle avec la date de 1489 peinte sur un des piliers d'une chapelle et qui n'est plus visible.
L'une des clés de voûtes est ornée d'une fleur de lys. Les clés de voûtes sont historiées (gravées avec des ornements) de beaux ensembles écussonnés.

Fenêtres :

Elles sont de style gothique avec de modestes fenestrages qui vont d'un simple oculus à deux oculi superposés aux motifs très faits et un autre très beau à mouchettes (soufflet aux contours en courbe et contre-courbe). Les vitraux ont été restaurés en 2002-2003 par M. Brouard, d'Alos.


Pavement :

L'église est pavée de dalles en grès de pays. Trois d'entre elles ont porté l'inscription du nom de personnes qui y sont enterrées (1704  et 1749) : deux curés et une dame de famille notable locale : famille Delmur. (selon les écrits de Roger Robert) voir aussi le dallage devant la 2ème chapelle.

Paroisse :

Cette église fait actuellement partie du secteur paroissial de Cordes, rattaché à l'archevêché d'Albi. Le dernier curé résidant à Virac était le père Calvignac de 1954 à 1971.


Description de l'intérieur de l'église

En franchissant la porte nous avançons sur notre gauche et dans la :

- 1ère chapelle côté nord, très certainement seigneuriale, vu sa voûte avec liernes et tiercerons, plus ouvragée que les voûtes des autres chapelles, un tableau 190x165 de Gauthe de 1773 représentant un évêque et trois personnages agenouillés, quatre culs-de-lampe dont trois décorés de feuilles, une niche et un encadrement pour statue ou tableau. L'ouverture et le vitrail sont de plus petite taille que ceux des autres chapelles.

- 2ème chapelle côté nord, dans le choeur, un tableau de l'Assomption de la vierge, non signé ni daté avec précision, XVIIème siècle, 260x190, une niche avec Saint Luc, deux culs-de-lampe avec feuilles, un lavabo liturgique.

- Au niveau du chœur, l'abside est ornée d'un Christ en bois du XVIème ou XVIIème siècle « grandeur nature » fixé au mur du chevet de l'église au-dessus du maître-autel. Ce choeur comprend un autel en bois au premier plan, à l'arrière un autel en marbre avec tabernacle, deux anges de chaque côté d'une scène, représentant le martyr de Saint Victor. Devant cet autel un dallage où figure une croix, un lavabo liturgique* et une niche avec Saint Matthieu. L'on peut admirer au plafond un dessin où l'agneau représente le Christ « Le Christ est l’Agneau de Dieu vainqueur où l’on vient se désaltérer ». « Comme languit une biche après les eaux vives, ainsi languit mon âme vers toi mon Dieu » (Psaume 42)
La clé de voûte porte l'inscription JHS et une croix au dessus du H. Ce signe veut dire « Jésus-Christ ». Les vitraux sont signés de H. Faure, peintre verrier à Gaillac.

- 1ère chapelle côté sud, dans le choeur, un tableau de l'Assomption de la vierge (coins supérieurs coupés), 220x180, de Molini, 1664, trois niches dont un lavabo liturgique* et l'autre assez grande, deux culs-de-lampe avec feuillages, deux prie-Dieu dont le petit meuble qui est la chaise du curé de la paroisse avec son prie-Dieu ; elle était primitivement dans le chœur.
Un lutrin servait de support au grands livres de chant grégorien pour les chantres. 

- 2ème chapelle côté sud, un autel en marbre, sur lequel on peut voir l'inscription (don de la famille Fioles 1903), supportant la vierge à l'enfant. Quant à la niche derrière la statue de Notre-Dame, l’azur et les étoiles représentent la voûte céleste. Quatre culs-de-lampe avec blason effacé, un lavabo liturgique*, un confessionnal.
En sortant de cette chapelle nos yeux se portent sur le dallage où l'on peut voir trois inscriptions, une erminette, une croix, une équerre. (Très certainement instruments de menuisier).

- 3ème chapelle côté sud, en façade de l'autel en marbre, inscriptions JS entrelacées, avec tabernacle supportant Saint Joseph, deux culs-de-lampe, une avec feuille, l'autre cassé, deux niches dont un lavabo liturgique* et l'autre avec Saint Jean.

- 4ème chapelle « chapelle des fonts » les fonts baptismaux et au-dessus baptême de Jésus par Saint Jean , un lavabo liturgique*, deux culs-de-lampe avec blason représentant mur à créneaux et merlons, tableau représentant Saint Pierre marchant sur les eaux du lac de Tibériade, 130x158 de Hourde, 1640.
Dans ces deux dernières les vitraux sont signés et datés : Henri Geste, 1926.

La nef comprend, à l'intersection des voûtes, des blasons. Il semble que ceux-ci soient surtout ornementaux à l'image de l'écu orné d'une croix latine ou de celui décoré de deux clés s'entrecroisant évoquant peut-être saint Pierre. Celui sur lequel figurent les trois pals rappelle celui de Louis d'Amboise. Sur les culs-de-lampe des piliers, peut être des blasons effacés, sur d'autres, des feuillages et fleur.

La porte qui monte au clocher est en bois avec des cerclages dessinés et cloutée.

* le lavabo liturgique (petite niche avec une cuvette percée d’un trou) est l’endroit où on vidait l’eau qui avait servi à laver les doigts du prêtre au moment de l’offertoire et éviter que l’enfant de chœur la répande par terre et occasionne de l’humidité. Dans ce cas la cuvette devait s’écouler à l’extérieur par un canal, obturé depuis ?…


Références bibliographiques de l'Association Sauvegarde du Patrimoine Viracois : Adrien Béziat, Henri Irissou, Roger Robert, Archives diocésaines, Abbés Lagrèze, Vinceneau, Crouzat, Mairie de Virac


Association Sauvegarde du Patrimoine Viracois, septembre 2016