Les croix

Association Sauvegarde du Patrimoine Viracois

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Croix de Virac



la croix du Couderc

Histoire de la croix du Couderc

Le 8 mai 1856, le conseil municipal sous la présidence de M. Almon Pierre décide qu’il conviendrait de faire construire, sur la place publique, une croix en fer avec piédestal en pierre de taille de Salles, et vote une imposition extraordinaire de 5 centimes par franc pour les années 1857 – 1858.

Le Préfet ayant affecté le total de cette imposition extraordinaire à l’agrandissement du cimetière, le 15 mai 1857, il est décidé d’employer tous les fonds disponibles de la commune à la construction de ladite croix.

Le 13 octobre 1859, après renseignements pris, on constate que la somme de 150 francs prévue au budget est insuffisante et l’on vote une autre imposition extraordinaire.

Le 8 mai 1864, le conseil, attendu qu’il n’existe pas sur la place une croix, et que par suite, la commune se trouve privée de la procession dominicale, vote une imposition supplémentaire de 150 francs.

Enfin, le 28 mai 1866 devant l’insuffisance du crédit (300 francs), il vote une somme de 200 francs à prélever sur les contributions directes de la commune.

C’est le sieur Escaffre Joseph, tailleur de pierre habitant à Rahoul (commune de Monestiés) qui est chargé de la construction de la croix. Elle est terminée le 1er juillet 1867.

Le piédestal comprend :
- 3 marches de 0,18m de haut, 0,35m de large
- la base du piédestal a 1 ,20m de côté, 0,30m de haut et 0,50m de large
- le dé a 0,90m de haut et 0,80m de large
- la corniche supérieure, 1,10m de large et 0,32m de haut
- toutes les arêtes sont arrondies par des moulures

Une face du dé porte l’inscription : « Yèche Pierre Jean Joseph a donné 200 F pour cette croix ».

Yèche Pierre était un des contribuables les plus imposés de la commune.

Source : Henri Hirissou (environ 1962) bulletin municipal n° 19 décembre 2011
 



histoire de croix


Croix de chemins

Les croix de chemins sont des croix qui se sont développées depuis le moyen âge et sont destinées à christianiser un lieu. De formes, de tailles et de matières variées (bois, granite, aujourd'hui en fonte, fer forgé ou en ciment), elles agrémentent aussi bien les bourgs et les hameaux que les routes de campagne et symbolisent l’acte de de foi de la communauté. Elles se multiplient à partir de 1095, date à laquelle le droit d’asile est étendu aux croix de chemins qui ont alors un double rôle de guide et de protection.

Histoire

La croix de chemins est un symbole religieux catholique très répandu du 16ème siècle à nos jours. Elles sont dues à la volonté publique des communautés ou celle privée des familles.
Les premières agrémentent les bourgs et les hameaux et symbolisent l’acte de foi de la communauté. On les rencontre souvent aux carrefours, elles guident le voyageur et le protègent de l’inconnu et des mauvaises rencontres. Elles sont parfois un lieu de pèlerinage comme la croix des rameaux par exemple : chaque année avait lieu une procession très importante jusqu’à la croix où l’on bénissait le buis. Elles sont ornementées de quelques lignes de prières.
Toutes les croix ne sont pas dues à la volonté des communautés, nombreuses sont celles qui ont été érigées à la suite d’une initiative privée, souvent par une famille aisée qui voulait à la fois affirmer sa foi et protéger les siens. On peut distinguer ce type de croix des précédentes car on y gravait le nom de la famille commanditaire. Parfois, on y trouvait même un blason.
Aux croix en bois, qu’on remplaçait pieusement lorsqu’elles tombaient, tous les vingt ans environ, ont succédé des monuments de pierre, œuvres de tailleurs de pierre de la région. Ces artisans ont pu, grâce aux libéralités d’un propriétaire aisé, assurer une meilleure longévité à ces fragiles témoins de la piété des campagnes.
Lorsque la croix est érigée, elle est bénie, et fait généralement l’objet d’un culte : on y faisait le plus souvent des processions, mais pour les croix éloignées des bourgs ou dans des hameaux isolés, les manifestations étaient beaucoup plus humbles : les bergères allant aux champs accrochaient au fût de la croix un rameau de genêt, ou déposaient un bouquet de fleurs, à moins que ce ne soit l'œuvre d'un passant.
Les bergères ont disparu, mais certaines croix sont toujours fleuries et certains hameaux sont très attachés à leur croix et l’entretiennent encore.

Les différents types

On distingue notamment :
- Les croix de carrefour, implantées à la croisée des chemins, guident le voyageur.
Certaines servent de pauses pendant des processions ou des rogations où le curé en tête, muni en plus d'une croix processionnelle, s'arrête bénir les prés et les champs. Ainsi la croix des rameaux voyait chaque année une procession très importante jusqu’à elle où l’on bénissait le buis. Elles sont ornementées de quelques lignes de prières.
Un certain nombre d'entre elles sont aussi des croix sur la voie des morts : de la maison du défunt à l'église, le convoi funéraire s'arrêtait à toutes les croix pour réciter quelques prières et permettait une pause aux porteurs de la bière.
À partir du XVIIIe siècle surtout, les missions se multiplient dans les paroisses. Là encore on processionne largement puis, pour fêter dignement la clôture de la Mission, on érige une croix de mission dans un grand concours de foule.
- Les « croix mémoriales » sont des témoins. C'est ainsi que le lieu d'une mort brutale, ou au contraire d'un coup de chance, fait l'objet d'une érection de croix.
- Les « croix de peste », qui rappellent et conjurent une épidémie, ou les « croix de pèlerinage », qui le plus souvent ne marquent pas une étape sur un trajet, mais rappellent le pèlerinage du donateur.
- les « croix de limites » servent de borne. Entrée et sortie des villages sont normalement pourvues d'une croix, mais toutes les limites, religieuses (par exemple les sauvetés au Moyen Âge) ou profanes, pouvaient être ainsi matérialisées.