Association Sauvegarde du Patrimoine Viracois

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les cloches de Virac

 



HISTOIRE DES CLOCHES DE VIRAC

En général, la sonnerie des cloches est composée de 3 fois 3 coups, suivie d’une sonnerie à la volée. Elle a rythmé pendant des siècles la vie quotidienne des villages et des cités. L’usage des grandes cloches pour l’église chrétienne remonte au 6ème siècle. Les beffrois (d’usage plutôt civil) et les clochers intégrés aux monastères et églises, dont la nôtre, les utilisent toujours. Dans quasiment toutes les religions la cloche sert à l’appel des fidèles ou à rendre un glas funèbre.

Mais la cloche garde aussi un rôle civil : donner l’alarme en cas de guerre, d’incendie (tocsin) ou tout simplement indiquer l’heure.

Religieuses ou laïques, les cloches ont toujours « découpé » de façon sonore le temps, temps de rites ou de travaux.

A Virac
Cloche de 1737 fondue sur place
Elle porte sur 3 lignes l’inscription latine suivante :
« B(eatre) Mariae Stella maris navi praest confidite nautae, ne despicias quesumus preces f(amuli) tui d(omini) Aug(ustini) Poulin hjus ecclesie de Virac p(resbyteri) et rect(oris) qui unacum d(omino) Bern(is) de Mazars et d’Alairac et d(omina) Cath(arina) de Manas conjug(ibus) nobilis(simis) tibi famulatar 1737 I Tarn »

Traduction large
A Marie étoile de mer nous confions cette nef. Ne regrette pas les prières de ton serviteur Auguste Poulin prêtre et recteur de cette église de Vicrac, et aussi celles de Bernard de Mazars d’Alairac et dame Catherine de Manas son épouse tous deux très nobles. 1737.

Ces deux derniers paraissent avoir été parrain et marraine de ladite cloche, laquelle est ornée d’un crucifix sur trois degrés, à l’opposé de la Vierge à l’Enfant. En outre, un médaillon portant un casque de chevalier, accompagnée d’une équerre et d’un compas à gauche, et à droite d’une cloche, et les armes du fondeur : « écartelé au 1er et 4ème à un arbre arraché, au 2ème et 3ème à une étoile à huit pointes ». Au-dessous, le nom du fondeur Louis de Cabanzo. A l’opposé de ce médaillon, un écusson portant une cloche et une légende illisible.

(Le motif indiqué comme illisible dans le texte est en fait le cartouche d'un second fondeur "IOSEPH POINCARE" (le"J" n'existe pas encore sur les cloches du 18e) ce qui veut dire que la cloche a été fondue par l'association de deux fondeurs ambulants, au pied du clocher, sous la halle ou chez un particulier. Cabanzo est un fondeur ambulant espagnol, et Poincaré est natif de la Savoie et a parcouru l'Aquitaine , le Limousin et le Languedoc Roussillon, ce qui apparemment ne les a pas empêché de se comprendre et de créer cette belle œuvre ensemble.  J.B. Faivre 2017)

  

La grande cloche datant de 1737 a été classée monument historique le 5 novembre 1943.

Deux cloches de l’église auraient été remises comme bien de la République au district d’Albi en 1792 ou 1794 (archives de M. Robert)

En octobre 1859, on fait refondre la petite cloche qui vient de se fêler et à cette occasion on décide de la remplacer par une plus importante pour que le son soit en harmonie avec celui de la grande.
La petite cloche porte « fait par Henri Boutet à Albi en 1860 ».
En haut, « St Victor priez pour nous »
Curé : M. Sudre
Maire et parrain : M. Almon
Marraine : Anne Ruffel

En 1967, la petite cloche fut refondue. Elle porte l’inscription « J’ai comme parrains les petits garçons et comme marraines les petites filles de Virac »

A cette occasion l’ensemble des deux cloches fut électrifié. Le curé était Eloi Calvignac et le maire Julien Cavalier.

Sources : Henri Hirissou (environ 1962)
               Adrien Béziat (1982)